Résultats du Triathlon de Nyon 2016

Cette année, Nyon organisait les championnats du monde universitaires de triathlon, en plus des championnats suisses et des courses de short distance. Il y avait donc du triathlon pour tout le monde, du vendredi au dimanche. Le TTL était évidemment représenté, et plusieurs membres sont montés sur le podium.

Samedi 6 août, distance olympique individuelle:

  • Nancy: 3:17:40 (45:36/1:33:09/51:05) – cat: 14 / overall: 72
  • Greg: 2:32:21 (29:59/1:12:16/44:52) – cat: 42 / overall: 84
  • David: 2:38:38 (29:11/1:17:29/46:29) – cat: 20 / overall: 133
  • Steve: 3:00:03 (39:29/1:22:33/50:58) – cat: 50 / overall: 289

Samedi 6 août, distance olympique en relai:

  • Bourbaki (Boris pour la partie vélo): 2:06:07 (23:07/1:04:19/35:03) – overall: 2

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Dimanche 7 août, short distance (pas de natation):

  • Chris: 1:00:48 (37:16/20:04) – cat: 3 / overall: 35
  • Thomas: 1:00:57 (37:33/20:19) – cat: 30 / overall: 37
  • André: 1:09:05 (41:08/24:11) – cat: 9 / overall: 154

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Bravo à toutes et tous et très bonne semaine !

5150 et Ironman de Zurich 2016

Ce week-end avaient lieu les 5150 (DO) et Ironman de Zurich. Le TTL était représenté et a brillé sur ces course grâce à Camille et Boris!

5150 (DO) Zurich, samedi 29 juillet:

  • Camille: 2:23:42 (28:12/1:07:45/44:37) cat: 3 / overall: 136

camille

Ironman Zurich, dimanche 30 juillet:

  • Boris: 9:39:44 (1:14:24/5:09:27/3:11:02) – cat: 19 / overall: 70

boris

Bravo à vous deux et bonne récup!

Les résultats de la semaine du 11 au 17 juillet

Récapitulatif des résultats de la semaine écoulée,  et le TTL a  nouveau brillé par ses résultats:

Triathlon Freiburg i. Br., dimanche 17 juillet:

  • André: 1:13:44  cat: 3

Montauk Lighthouse Sprint Triathlon, NY/USA, dimanche 17 juillet:

  • Nancy: cat: 1

Triathlon de Thonon et d’autres courses

Ce week-end, plusieurs de nos membres étaient au charbon sur différents triathlons, représentant les couleurs du TTL au-delà des frontières.

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Triathlon de Thonon, dimanche 10 juillet (DO):

  • François: 2:48:48 (29:00/1:27:47/52:01) – cat: 8 / overall: 173
  • Pierre-Emmanuel: 2:54:05 (31:07/1:27:56/55:03) – cat: 27 / overall: 204
  • Fred: 3:02:12 (26:52/1:30:44/1:04:36) – cat: 39 / overall: 247

Triathlon de la Neuveville, dimanche 10 juillet, short (MTB):

  • André: 1:38:40 – cat: 20 / overall: 52

L’étape du Tour, vélo, dimanche 10 juillet, 122km:

  • Camille: 5:26:02
  • Boris: 6:10:20 (notez que Boris a attendu 50min le départ de Camille pour qu’ils roulent ensemble).

Bravo à toutes et tous pour vos exploits, et bonne récupération !

Résultats de la semaine du 27 juin au 3 juillet

Cette semaine, le Tri Team Lutry était présent sur de multiples courses en Suisse et en Europe!

ITU Stockholm, DO, dimanche 3 juillet:

  • Jérôme D.: 2:29:32 (25:10/1:13:37/45:06) cat: 39 – overall: 74

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Triathlon du Val-de-Ruz, samedi 2 juillet, défi par équipe (0.2/10/3.7):

  • Tri Team Lutry: 0:41:51 – overall: 3/5

Marathon de Zermatt, samedi 2 juillet:

  • Nancy: 5:41:49 cat: 15 – overall: 75

Bravo à toutes et tous pour ces jolies performances et très bonne semaine sportive!

Résultats du Swissman 2016, et quelques autres

Ce week-end de juin était depuis longtemps marqué d’une grosse croix rouge pour quelques membres du TTL comme étant celui du Swissman. Et une fois de plus, les participants rêvant de conditions extrêmes ont été servis… Presque trop, car les averses matinales ont eu raison de l’épreuve de natation, remplacée par 4km de course à pied.

Le Swissman n’établit pas de classement, mais publie uniquement une liste alphabétique des finishers et l’heure d’arrivée. Pour info, le départ a été donné à 5h45.

swissman

Finishers TTL du Swissman 2016, 25 juin (4km càp / 180km vélo / 42.2km càp)

  • Christian, arrivé à 21h31
  • Eddie, arrivé à 00h05
  • Eric, arrivé à 19h59
  • Grégoire, arrivé à 20h05
  • Olof, arrivé à 18h45

Bravo à vous, 100% de finishers pour le TTL, et bravo aux accompagnants qui vous ont suivi et qui ont rendu compte en live de la course toute la journée. Bonne récupération bien méritée!

On attend bien entendu de chacun de vous un compte-rendu détaillé de la course !!!!

Les autres résultats du week-end

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Challenge (half distance) Galway, Irlande,  26 juin (1.9/90/21.1)

  • Greg: 5:27:10 (31:12/2:59:25/1:42:47) cat: 32/98 – overall: 169/631

Triathlon de la Vallée de Joux, 26 juin (0.5/24/4.5)

  • Boris: 1:00:52 (9:19/32:27/17:32) – cat: 10 – overall: 11
  • David: 1:10:23 (9:25/36:47/21:26) – cat 37 – overall: 101

Notons enfin que le triathlon de Spiez a été annulé en raison des conditions météo. Bravo à toutes et tous et bonne récupération !

Les résultats de la semaine du 13 au 19 juin 2016

Cette semaine, les membres du TTL ont participé aux courses suivantes:

Course des Roches, 17 juin (Thierrens)

  • Charlotte: 1:02:37 – cat: 4

Course le long de la rivière du Doubs, 12km, 18 juin (La Chaux de Fonds)

  • André: 1:02:42 – cat: 4 / overall: 19

Ironman 70.3 Rapperswil 2016

Bravo à André qui a terminé le 70.3 de Rapperswil en ce dimanche 5 juin, dans un lac de Zurich un peu frisquet!

Ironman 70.3 Rapperswil-Jona, dimanche 5 juin:

  • André: 6:04:54 (39:34/3:11:22/2:08:17) – cat: 35/47 – overall: 1547/2195

Bravo et bonne récup !

Ironman Lanzarote 2016 par Jérôme

Commençons par faire les présentations, je m’appelle Jérôme, j’ai 37 ans et j’ai participé à mon troisième Ironman 140.6 à Lanzarote le 21 mai 2016. Pour autant c’est la première fois que j’écris quelques lignes à propos d’une de mes aventures sportives, alors svp soyez indulgents !

Avant de partir dans le vif du sujet, parlons d’envie et d’ambitions. Après deux courses terminées difficilement en plus de 14 heures sous la chaleur caniculaire (Nice 2011 et Zürich 2015), et des parties marathon plus marchées que courues, j’avais pour ambition de courir complètement un Ironman, terminer dans un temps qui ressemble à quelque chose (très personnel, chacun fait avec ses propres capacités) et si possible y prendre du plaisir !

J’avais décidé de faire Lanzarote car la destination me faisait envie, c’était une édition anniversaire, 25 ans pour l’un des plus vieux IM du circuit européen et les visages des précédents finishers étaient pour le moins illuminés en relatant leurs expériences !

J’arrive sur l’île quatre jours avant la course, histoire de pouvoir m’habituer un peu au climat. Il fait bon, voir chaud et cela fait du bien après plusieurs semaines de mauvais temps dans notre région. Je suis accompagné par Greg également du TTL et qui fera la course, avec qui j’ai partagé un bon morceau de la préparation et notamment lors de longues heures hivernales en piscine.

jerome

Ma préparation

Tiens justement parlons brièvement de la préparation. Pour cette course je suis globalement satisfait et plutôt confiant. J’ai eu du temps pour m’entraîner. Pour les mordus des chiffres : depuis le 1er janvier et au matin de la course, 135km de natation, 3950km de vélo et 565km de course à pieds. Je suis aussi venu une semaine fin février sur place et connais le parcours vélo qui nous attend. Je sais que celui-ci est difficile notamment du fait du vent de secteur Nord qui pénalise la première partie et du relief.

Ma préparation a été plus régulière que d’habitude, j’ai évité plusieurs de mes erreurs passées avec des mois de charge en dents de scie. J’ai nagé plus que d’habitude, au moins deux fois par semaine et parfois trois. Parfois aussi seul en piscine, pour le mental et aussi se rendre compte de son véritable niveau. C’est si facile dans les bulles de meilleurs nageurs que soi ! Au niveau du vélo, j’ai « roulé » tout simplement plus avec mon vélo de chrono et je suis maintenant beaucoup plus à l’aise dessus. J’ai « profité » aussi de plusieurs sorties dans le vent pour me préparer pour Lanzarote. Le petit bémol, c’est la course à pieds car j’ai dû stopper complètement 2 fois à cause de début de tendinite au genou droit, 10 jours début avril et 10 jours début mai. Pour autant je ne suis pas trop inquiet de mon niveau. Petite inquiétude également sur ma nage en eau libre et en combinaison, je n’ai pratiquement aucun repère, seulement quelques longueurs en février dans le lagon du club la Santa, à Lanzarote.

Et puis il y a la dernière semaine avant la course. Je redoute vraiment ce moment. Comme d’habitude je suis un peu perdu, je sors de mon rythme d’entraînement habituel, je me pose beaucoup de questions et dors assez mal. Elle est longue cette semaine et tous nos petits pépins font comme ressurgir tous en même temps ! Cette fois-ci j’ai mal au mollet gauche. J’ai repris la course à pieds 5 jours avant d’arriver sur l’île. Depuis, cette douleur ne me quitte pas. Je la sens en marchant et en montant les escaliers, bref comment dire, ça sent mauvais ! Le jeudi soir avant la course je vais voir un physio au club la Santa, dernier recours. Des massages très douloureux et un taping sur chaque mollet plus tard c’est encore pire. Ce coup-ci je boite clairement et arrive à peine à me déplacer ! Mais selon la physio cela devrait aller mieux d’ici à samedi… Le stress est à son comble. Finalement cela ira progressivement mieux, déjà le vendredi, et puis je ne ressentirai presque pas la douleur sur le marathon le samedi. OUF !

Enfin bref, l’entraînement c’est une chose mais la forme du jour est primordiale sur IM. On verra donc cela le 21 mai au petit matin.

Ma course

Le matin de la course le vent s’est levé (enfin plutôt renforcé car il y a toujours du vent sur cette ile !). En prenant le petit déjeuner à l’hôtel je vois les palmiers à l’horizontal. Aille, ça va compliquer notre programme !

Nous partons nous échauffer 20 minutes avant le départ dans l’eau. Il fait encore nuit noire et je ne vois quasiment rien avec mes lunettes fumées. Mais Greg me rassure, il a connu cela en 2012. Le soleil se lève 5-10 minutes avant le départ. Incroyable, mais flippant.

Une petite tape à mon collègue de course et je vais me placer dans la file de départ – indication +70min. Il s’agit d’une Mass Start à Lanzarote. Là, quelques minutes avant le départ j’essaye de refouler les pensées négatives. J’ai tellement connu de mauvaises parties natation sur ces courses. Il faut dire que j’ai habituellement du mal à prendre mon rythme, à respirer convenablement, à la limite de la panique. Grosses inspirations, grosses expirations, ça va aller ! Et pan, on avance. Cela prend un peu de temps à trouver la position horizontale dans l’eau, nous sommes beaucoup. Enfin, je peux commencer à tourner les bras. Il y a beaucoup de monde autour de moi, c’est la foire d’empoigne. Mais je ne me démonte pas et tape dans le tas ! Les premières centaines de mètres sont rapidement atteintes, le cardio et la respiration vont bien. Premier virage à gauche, toujours dans le banc de nageurs. Pour une fois, c’est facile pour moi de me diriger, il faut dire que l’organisation a mis le paquet sur le nombre de bouées. Impossible de les rater.

Ça bastonne encore et toujours, même après 900-1000m. Mais je me force à rester dans le paquet car même si j’ai l’impression de lutter pour avancer je pense que ce sera bénéfique au niveau du chrono. Effectivement, arrive la fin de la première boucle, 35 min à ma montre, 36 sur le chrono officiel sur la plage où nous effectuons une sortie à l’australienne. D’ailleurs je peste un peu car les nageurs devants moi se relèvent bien trop tôt et luttent pour sortir car le niveau de l’eau est encore beaucoup trop important, du coup on ne sort pas bien vite !

Tous les voyants sont au vert et je retourne dans le bain pour le deuxième et dernier tour. Il y a un tout petit peu moins de monde mais ça bagarre encore. Tu n’as qu’à nager plus vite me dis-je, les mecs devant, ils sont tranquilles eux ! Au final, il n’y a que sur la dernière longueur qui nous ramène à la plage où je me retrouve à peu près seul. Le gros de la troupe est un peu à l’extérieur, étrangement. J’ai raté quelque chose ? Mais je me sens bien et reste à l’intérieur. Je force un peu plus sur les appuis et vais retrouver des pieds un peu plus loin avant de sortir. Ce coup-ci je nage jusqu’à toucher le fond avec les mains et me lève. 1h11 à ma montre. Cool ! La journée démarre bien.

Ma transition est plutôt bonne. La combi s’enlève toute seule. Elle est bien cette Orca 3.8 que j’ai acheté l’année passée pour faire Zürich et que je n’avais pas encore pu tester en course. Je me passe une bouteille d’eau sur les pieds pour enlever le sable, chaussettes, chaussures de vélo, je mets deux petits sandwichs préparés le matin-même dans mes poches de maillot et m’en vais vers le parc à vélos. Il y a long à courir jusqu’à mon vélo et puis encore après jusqu’à la ligne. Avec les chaussures aux pieds c’est un peu la galère… Mais bon, je ne suis pas un spécialiste du sauté sur le vélo pieds nus et enfilage en roulant.

Le parcours vélo

Ca y est, nous sommes enfin sur la course vélo. Le morceau de choix de tout Ironman. Le plat de résistance. J’ai décidé de partir souple pendant 15 minutes. Pour faire chauffer mes mollets doucement (conseil du physio), mais surtout pour éviter de se mettre dans le rouge tout de suite et handicaper la suite. Des vélos me dépassent de tous côtés… mais je sais ce qui nous attend. Le vent est bien là, pour l’instant plutôt favorable alors j’en profite pour boire dans un bidon afin de récupérer de plus d’une heure de nage. Premier changement de direction, on remonte de Puerto Calero, direction Yaiza. Ça monte, vent défavorable. Là et à partir de maintenant, la souplesse on oublie. Il faut vraiment appuyer sur les pédales. Dans la boucle près d’El Golfo le vent est terrible. J’en croise qui envoient des braquets énormes, grand plateau. Les fous, nous n’avons parcourus que 30km tout au plus ! Je regarde mon compteur posé devant moi et je commence à douter du 28km/h de moyenne que j’avais envisagé. Pourtant c’était passé comme une lettre à la poste 3 semaines avant à Aix-en-Provence sur le 70.3 vallonné et venteux à souhait.

On continue à progresser vers Timanfaya. Toujours en prise, soit par la pente, soit par le vent, bien souvent les 2 réunis. La longue ligne droite, faux plat montant, vent de face qui traverse le parc des volcans. J’essaye de rester sur les prolongateurs le plus possible, 15km/h tout à gauche. Dur. Enfin on redescend direction Tinajo. J’avais apprécié cette portion en février. Mais là, je progresse beaucoup plus lentement. Le vent souffle encore et toujours. Dans la longue descente qui nous emmène vers la Santa je pense pouvoir relâcher un peu les pédales. Mais non, aujourd’hui il n’y a décidément pas un seul moment de répit. Il faut continuer à pousser pour faire du 40km/h en descente ! Je crois que c’est environ à ce moment de ma course que je commence à faiblir. Mentalement sans doute, physiquement c’est sûr. 1/3 du parcours de bouclé seulement et surtout il me reste les 2 miradors Haria et Rio à escalader au nord de l’ile avant enfin de pouvoir mettre cap au sud et tourner le dos au vent. En passant la Santa je mange un premier morceau de sandwich. Un peu de salé, ça passe tout seul !

Avant Haria, il faut auparavant monter un long faux plat jusqu’à Téguise. En février je m’étais senti fort dans cette montée, je caressais les pédales. Mais aujourd’hui je lutte. La montée vers Haria est un calvaire, j’ai l’impression d’être dans le Mont Ventoux. Je suis à l’arrêt, 8-9 km/h. Heureusement la descente qui nous emmène vers le village d’Haria est un pur plaisir, mais de courte durée. Avant de monter en haut du Mirador del Rio, il y a quelques rampes bien sévères. Les premières à la sortie du village sont difficilement gérables pour moi. Je n’ai plus de forces. Déjà !

Un peu plus loin juste avant d’attaquer la montée finale vers Rio, il y a une rampe qui doit faire 300 mètres, pas plus sans doute. Je la connais, elle est bien raide et je l’avais monté en force en février. Seulement ce coup-ci, dès que la vois arriver en face de mon guidon, je sens que ça ne va pas le faire. Là j’ai honte, mais je vais quand même vous dire la vérité. J’attaque cette bosse tout à gauche, debout sur les pédales, 8km/h et ça ralentit. Je décide alors de mettre pied à terre sinon je tombe. Et oui, je vais marcher sur le parcours vélo d’un Ironman. J’ai l’impression de me retrouver en 2009 lorsque je débutais le vélo… Je n’en reviens toujours pas ! Enfin le haut et je clipse les pédales au plus vite. C’est bon, personne ne rigole, faut dire que ça lutte sévère autour de moi. J’ai juste perdu tout au plus 4-5 minutes… Enfin la montée vers Rio, la pente est un peu moins forte et j’arrive péniblement à me hisser là-haut. Je décide alors de souffler un moment. Je stoppe après le ravito. Bidon de coca dans une main, deuxième sandwich dans l’autre. PAUSE. Les spectateurs au sommet me regardent étrangement. Je fais le point. Les 2/3 du parcours sont effectués et je suis sec. Mais le plus dur est fait. Il faut en finir. Allez, il faut repartir, ne pas s’éterniser ici, maintenant une longue descente m’attend et j’aurai le temps de me reposer.

La descente fait du bien, la route rend bien et n’est pas dangereuse. Mais une fois arrivé sur le plat, je suis content d’avoir un vent favorable car dès que cela monte légèrement ma vitesse en prend un coup. Je reviens flirter avec les 20km/h. Y’a pas, je suis vidé ! Ce compteur devant moi me démoralise de plus en plus. Je change l’écran. Maintenant s’affiche uniquement l’heure, c’est mieux.

Durant ces interminables kilomètres qui me ramène vers Puerto del Carmen je me demande comment diable je vais pouvoir courir, à plus forte raison un marathon. Mais avant il faut rentrer, déjà poser le vélo. Je pense à l’abandon. Certaines portions de ce retour se font contre le vent. Ce n’est décidément jamais fini. Le souffle du vent dans le casque est maintenant vraiment pénible. Il commence aussi à faire bien chaud, il n’y a plus de nuages dorénavant.

Enfin la dernière descente vers la zone de transition. Je ne touche plus aux pédales. D’habitude j’ai hâte de poser le vélo et de courir. Mais là, non. Je vais poser le vélo après un peu plus de 7h en mouvement mais chrono officiel autour des 7h08 avec mes différents arrêts.

Le marathon

Juste avant d’arriver au parc je croise Greg qui coure dans l’autre sens et m’encourage. Ça fait un bien fou de voir un visage connu. Il a fait les premiers 2-3km environ. Il a dû lui aussi souffrir sur le vélo ! Dans la tente de transition, il faut que je fasse le point. Je m’assois sur les bancs prévus à cet effet avec mon sac de T2. Une bénévole me demande si je veux de la crème solaire. Mais là, maintenant heu non, vous pouvez repasser plus tard svp ! Un gars derrière moi est allongé, comme dans son hamac, les pieds surélevés, il déguste un bon morceau de sandwich. Il croise mon regard, pas besoin de parler. A cet instant je sais que si je dois repartir c’est maintenant ou jamais. Bon aller, je puise au fin fond de moi les quelques miettes d’énergie qui restent. Greg cours, je dois pouvoir y arriver. Et puis il me faut bien occuper ce beau samedi après-midi, qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire si j’arrête là !!!

Debout et je commence à courir. Ça ne va pas si mal. Plutôt bien même étrangement. Je me force même à ne pas descendre sous les 5’30/km ! Je fais du 5’50 environ avec les pauses à chaque ravito. Je prends même un gel qui passe plutôt bien (ma stratégie depuis Aix va-t-elle fonctionner encore une fois : 1 gel+verre d’eau / 1 verre d’iso / 1 verre d’iso et on recommence). Je croise Vérène, une triathlète romande que nous avons rencontrés à l’aéroport de Zürich quelques jours plus tôt, qui marche (elle m’avait dépassé sur le vélo) et m’arrête discuter un moment avec elle. On se raconte nos malheurs puis je l’invite à reprendre la course. Nous recroisons alors Greg qui a déjà fait demi-tour après 10km environ (la première boucle couvre un semi), il a 4km d’avance sur nous. Nous faisons quelques kils ensemble puis elle s’arrête à nouveau m’invitant à poursuivre. Nous courions un peu vite ensemble, je ralentis alors. Après environ 12km je commence à ressentir un coup de moins bien. Mais je veux aller chercher ce semi-marathon et cette première boucle en courant. Je vais pratiquement y parvenir.

Il faut se rendre à l’évidence, je commence à alterner la marche avec la course. Il fait très chaud, je reste sur les trottoirs le plus possible afin d’éviter le bitume noir qui accumule la chaleur. Je ne peux plus avaler de gels. Je continue au liquide uniquement en continuant à prendre mes capsules de sel. Il faut dire que j’ai uniquement envie de manger du salé maintenant et encore une fois sur un triathlon il n’y a rien sur les tables. Pas de biscuits salés, pas de cacahuètes, pas de chips.

Une fois le semi passé, il reste 2 plus petites boucles de 10km. Autant dire une éternité pour un marcheur à 6-7 km/h. Les vieux démons ressurgissent. Je vais une fois de plus terminer cette course en marchant. Qu’est-ce qu’elles sont longues ces 3 prochaines heures le long de la mer. Animo, Hola chico, Campeon ! Les encouragements fusent mais moi je n’y suis plus du tout. Je suis sorti de la course maintenant. Je regarde la mer, j’ai envie d’aller m’y baigner. Les terrasses de cafés et restaurants sont remplies, les bières et les pizzas sont tellement tentantes. Je marche toujours plus vite que ces touristes germanophones sur les trottoirs me dis-je.

Dernier tour, je recroise Greg une dernière fois sur ce fichu marathon. Il s’en va vers la ligne d’arrivée. A tout à l’heure ! Il commence à faire moins chaud, l’heure tourne. Je m’arrête boire un gobelet entier de coca. Des glaçons s’il vous plait ! Enfin le dernier demi-tour, maintenant reste 5km. Je ne sais comment mais j’arrive à recourir, pas bien vite bien sûr. Le mental, uniquement le mental. Le simple fait de savoir qu’on ne repassera plus ici !

J’arrive enfin sur la ligne d’arrivée. Il commence à faire sombre, il est 21h passé. La délivrance, 14h06 après le départ. Une belle assiette de paëlla, quelques boules de glace. Tout ça ingurgité avec Greg qui m’attendait déjà depuis un petit moment. Je vais chercher mon maillot de finisher, c’est un polo en coton, il est beau, ça valait le coup de ne pas abandonner, non !

Conclusion

Voilà pour le récit de cette aventure. Je peux dire aujourd’hui que ça a été ma course la plus dure à ce jour. Je suis déçu bien sûr et je ne sais pas si je referai un Ironman sur distance complète prochainement. Je n’arrive pas à y prendre du plaisir contrairement à la distance inférieure 70.3. Mais qui sait, le prochain est à portée d’un seul clic de mon index droit sur ma souris !

Au rayon des satisfactions, je suis tout simplement content de l’avoir terminé. D’avoir partagé cette aventure avec Greg. Je suis super content de ma natation, le travail paye apparemment.

Cette île est magnifique, tellement dépaysante et si proche de nous à la fois. Cela nous change tellement de nos contrées verdoyantes. Toute cette rocaille désertique, ce noir, ce rouge. Les 2 jours de tourisme après la course ont d’ailleurs été fabuleux. Je vous invite à vous y rendre. Et si vous cherchez un superbe challenge Ironman, celui-ci me semble taillé sur mesure pour vous !

Résultats de l’Urban Trail des Singes 2016

Course « à la maison » pour le Tri Team Lutry, cette édition de l’Urban Trail des Singes n’était pas dénuée de difficulté au vu des conditions météo désastreuses du week-end. Bravo à tous les participants !

Urban Trail des Singes, Lutry, 20km, dimanche 29 mai:

  • Nancy: 2:18:15 – cat: 5 / overall: 140
  • Steve: 2:17:04 – cat: 36 / overall: 132
  • Eddie: 2:32:21 – cat: 69 / overall: 232

Bonne semaine à tous.